Séquestre_ est une installation vidéo créée en 2004 et présentée au Centre des arts contemporains du Québec à Montréal.
Elle évoque la résistance entre corps et esprit, questionne la sectionnement entre ces deux entités. Une projection vidéo est utilisée pour prolonger un espace qui se trouve entre le virtuel et le réel. Une personne est séquestrée dans l’espace produit par la lumière et on s’interroge sa séquestration. Est-elle réelle ou illusoire, prise dans un faisceau de lumière, prise donc dans un absolu, dans l’impalpable?
Friable est une étude vidéographique. Ainsi par cette notion d’ « étude », je justifie une bande vidéo qui n’est pas tout à fait finie, achevée, mais qui me permet de faire un travail préparatoire à un projet vidéographique qui se voudrait plus important.
Friable a émergé d’un moment « pivot », d’un moment où le temps s’est suspendu, tout d’un coup, après un choc d’une grande force, ce qui a provoqué l’envie de créer, comme un besoin, un besoin qui fait du bien, un processus qui va de soi.
Motifs de mouvements, motifs de rythme qui deviennent presque aliénants et qui tout d’un coup s’arrêtent brusquement pour laisser la place à non seulement un rythme différent, mais à une atmosphère, un temps, un espace plus lent, plus rond, plus respirable. Mais la pensée demeure.
En 2010, j’ai enseigné un cours de photograhie au département d’éducation artistique de l’Université Concordia. J’ai eu à revisiter certaines techniques de base en photographie, dont le sténopé. Je me suis mise à la construction de caméra obscura de diverses formes : cylindrique, rectangle, carrée. Puis, puisque cette technique exige beaucoup de lumière, je me suis installée dans la cour, en plein hiver, avec Dominic pour faire quelques portraits. Après chaque pose, Dominic descendait dans le sous-sol pour développer les négatifs papiers. Je ne pouvais à ce moment être en contact direct avec les chimies dans une chambre noire mal ventilée car j’étais enceinte de Corinne depuis quelques semaines. Il remontait quelques minutes plus tard me montrer les résultats afin que je réajuste les temps d’exposition. Ici quelques résultats de mes expérimentations.
Autoportrait - Caméra au plan arrondi
Portrait de Dominic - Cadre rond
Autoportrait - cadre rond
Autoportrait - plan arrondi
Portrait de Dominic - Caméra rectangulaire au plan carré
Cette technique a été très agréable à ré-expérimenter. Les étudiants ont eu, je crois, eux aussi beaucoup de plaisir à l’explorer, malgré la difficulté d’ajustement qu’elle exige. Technique low tech, simple, de base, mais difficile à contrôler. On l’expérimente à tâtons.
Je suis à préparer un atelier informatique sur les gif animés pour un groupe d’étudiants futurs enseignants en arts au primaire et au secondaire. Je révise mes notions de Photoshop et d’Image Ready. Voici un petit morceau d’essai. J’ai travaillé à partir d’une photo d’un jeune que j’ai prise alors je voulais élaborer une série de portraits sur les jeunes du quartier Saint-Michel. Salut Alan!
Marc-André est un adolescent attachant, sensible et intelligent. Il m’a toujours semblé, depuis que je le connais, que se cachent à l’intérieur de lui un enfant et un adulte à la fois. Une maturité émotionnelle est bien palpable. Sans doute ces expériences de vie l’ont façonné ainsi. Il aime le sport, le football, qu’il pratique à son école plusieurs fois par semaine. Marc-André fait aussi de la musique ; il rappe. Cela aussi lui sert à se défouler et à crier les difficultés. Il y quelques semaines, il me disait qu’il avait écrit des nouvelles pièces et qu’il les enregistrerait bientôt.
Au Centre éducatif communautaire René-Goupil avant un atelier du Projet LOVE
Au studio de musique, en juin 2009
L’an dernier, je lui ai proposé de participer à mon projet Bandes de jeunes, qui voulait tracer le portrait photo-vidéo de plusieurs adolescents avec lesquels j’avais travaillé afin de briser les idées reçues sur ces jeunes de quartiers marginalisés et évoquer leurs aspirations, leurs valeurs et leurs opinions. Malheureusement, je n’ai pu faire qu’un essaiphoto-vidéo de Latifa , une jeune d’origine algérienne, en juin 2009. J’avais pourtant procédé à des séances de photos avec 3 à 4 jeunes, mais faute de temps et de moyens financiers, aucun autre essai photo-vidéo n’a vu le jour.
Cependant, je voulais publier sur mon blogue quelques images que nous avons faites ensemble, Marc-André et moi, lors de son trajet d’autobus matinal et quotidien, en juin 2009. Ce faisant, je voulais le remercier pour ce temps et cette confiance qu’il m’a accordé.
Accepter de se faire photographier et se prêter au jeu du photographe demande une dose de courage et d’humilité, et je crois que Marc-André s’est laissé aller et a su, par son intégrité et sa générosité, nous laisser entrer dans son quotidien.
D’ici quelque temps, j’aimerais faire un essai vidéo avec le quelques 300 photographies et vidéos et les prises sonores que j’ai capté ce matin-là.
À l'arrêt d'autobus, juin 2009
Au cours du trajet, Marc-André me parle de l'école
Dominic, été 2010, quelques jours avant la naissance de Corinne
Corinne, deux mois de vie
Il me semble précieux de faire le portrait de Dominic, le père de ma fille, l’homme de ma vie. Depuis trois ans maintenant je partage ma vie avec cet homme que je trouve si beau et si fort. Dominic est un être engagé et passionné qui sans cesse m’encourage à poursuivre mes démarches, que ce soit comme femme, comme mère, comme artiste, comme chercheure, comme éducatrice.
Avec lui, mon souffle est augmenté. Il m’a fait redécouvrir la photographie avec son œil de documentariste, d’humaniste, toujours le geste précis, le doigt sur le déclencheur et l’œil au viseur de son Leica.
Il semble toujours bien délicat et immense en même temps de faire le portrait en mots de quelqu’un dont on est amoureux, comme si les mots étaient soit trop légers ou pas assez précis.
Dominic m’inspire la découverte, m’enseigne la patiente et la ténacité, rend la vie quotidienne si agréable et soutient tout ce que je suis. Pour cela, je l’aime.
Dominic, c’est aussi le père de Corinne. Un père qui, avec quatre petits mois d’expérience, est un papa magnifique qui sait si bien faire rire et sourire sa fille tous les matins à 5 heures. Je vois déjà dans les yeux de sa fille un amour infini.
Une simple envie de montrer ma fille, Corinne à deux mois, puis à quatre mois. Une simple entrée pour montrer un portrait. Que de choses ont changé depuis sa naissance. Maintenant Corinne se tourne sur le ventre, sourit et s’exclame de rire. Un tout petit quatre mois pour s’attacher si intensément à ce petit être. Et l’attachement est grandissant à tous les jours.
Corinne aura tout un album de photographies, nous en prenons tous les jours. Mais les images prises sont rarement de grandes photos; c’est, entre autres, une des raisons pour laquelle je n’ai presque pas publié de photos d’elle.
Comment photographier quelqu’un d’aussi proche de soi?
Peu de jours avant que j’accouche au mois d’août, Maryse, une amie, m’a offert une caméra russe de plastique Holga. Cet appareil, très minimaliste dans sa construction, ne possède que deux ouvertures, soit 8 et 11, et aucun obturateur. On voit qu’il s’apparente à la caméra obscura, mais en légèrement plus sophistiqué. Ses utilisateurs photographient principalement à l’extérieur.
Notre chat caché par ma bedaine, 20 août 2010
Voyant que je m’amusais avec différents procédés photographiques, anciens comme nouveaux, et que je réfléchissais sur la notion d’obsolescence technologique, Maryse est passée à la maison me déposer cette caméra avec un film 120 passé date. Une façon de me faire passer mon impatience face à l’arrivée de Corinne.
Ici quelques images faites en une journée, spontanément.
Amusante et sujette aux accidents cette caméra.
Merci Maryse, ça a marché, j’ai patienté… et Corinne est arrivée le soir où je terminais la numérisation des négatifs!
Près du Café Rico, 20 août 2010
Le matin du 20 août 2010, Dominic lit son journal
Rue Jarry, 19 août 2010
Boulangerie portugaise, au coin de la maison, 20 août 2010
Le 23 août dernier, Corinne est née. Il n’y a que des mots qui peuvent décrire l’émotion de l’accouchement puis de la naissance, je ne sais pas faire de phrase complète sur le sujet en ce moment: bouleversement, choc, amour, douleur, rencontre, inconnu, joie, bonheur.
Corinne est née en 24 heures, Dominic nous a accompagné bravement et courageusement jusqu’à la naissance et encore maintenant.
J’ai pris quelques jours avant de pouvoir prendre quelques photos d’elle, trop prise dans les premiers instants : allaitement, caresses, pleurs, inquiétude de nouvelle mère, plaisir de la regarder.
Dominic et moi entamons un projet de famille, le plus grand qui m’ait été donné à date…
Je présente ici un court essai vidéo que j’ai créé il y a plus d’un an, par plaisir de fabriquer quelque chose. J’avais dans mes archives photos des centaines de photographies de la Turquie, prises lors d’une voyage en 2008 avec Dominic.
Voyager avec lui avait soutenu la prise quotidienne de photographies lors du périple; être en compagnie d’un photographe qui s’affaire à la chose continuellement m’a donné envie d’imiter! Comme j’aime aussi la chose photographique, je me suis laissée prendre au jeu et j’ai tenté d’utiliser au maximum les possibilités techniques de ma caméra de l’époque, une simple « Nikon Coolpix », de type « point and shoot », mais comportant plusieurs options manuelles. J’ai donc documenté le voyage, tenté de saisir Istanbul, et quelques villes / villages où nous avons traîné. Aussi, une certaine part d’intimité a été immortalisé en images fixes ou vidéos. D’ailleurs, cette petite caméra bas de gamme enregistrait la vidéo, avec son bien sûr. Le son que l’on perçoit dans cette vidéo a été donc capté par cette caméra.
Encore ici, je questionne ma recherche esthétique. Je questionne la raison d’avoir construit une certaine animation vidéo à partir d’images photographiques, entremêlée de quelques interludes vidéo, complétant les images fixes, Ces clips vidéo nous font pénétrer dans l’espace un peu plus, nous permettant de sentir le temps autrement. Ici, la photographie est utilisée comme un medium de temps, assemblée dans la séquence d’un logiciel de montage vidéo. Le grand nombre de photographies, prises dans un intervalle de temps court et placées côte à côte dans la séquence, donne l’impression d’une vidéo saccadée, enfin d’une animation. Parfois, je risque la fixité en suspendant le temps et en laissant une image fixe obstruer l’écran pendant quelques secondes, comme pour marquer un instant, passé.
Cet essai a été réalisé sans réflexion préalable, dans un élan ou un besoin d’essayer. Mais depuis je questionne ce type de petite création et je me mets moi-même au défi de poursuivre avec la même technique et esthétique… à voir.
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