FRIABLE: UNE ÉTUDE VIDÉOGRAPHIQUE
Friable est une étude vidéographique. Ainsi par cette notion d’ « étude », je justifie une bande vidéo qui n’est pas tout à fait finie, achevée, mais qui me permet de faire un travail préparatoire à un projet vidéographique qui se voudrait plus important.
Friable a émergé d’un moment « pivot », d’un moment où le temps s’est suspendu, tout d’un coup, après un choc d’une grande force, ce qui a provoquer l’envie de créer, comme un besoin, un besoin qui fait du bien, un processus qui va de soi.
Dans cette vidéo, j’ai voulu évoquer la vitesse fulgurante à laquelle mon cerveau roulait au moment de ce choc. Une telle vitesse m’étouffait et faisait émerger un état d’incapacité.
Le rythme fulgurant s’est arrêté d’un coup. Mais les gestes quotidiens, répétitifs et banaux étaient des lieux de pensées obnubilantes. Ces gestes permettaient à mon cerveau de fixer son attention sur des idées, sur un processus cérébral, puisque peu d’attention était requise sur le moment présent, le moment de l’action. J’ai alors eu envie de capter ces moments où des gestes quotidiens et ménagers étaient posés et en filigrane y accoler des mots. J’avais envie de filmer mes mains, seulement mes mains en train de poser ces gestes pour montrer qu’au bout des doigts, il y avait un geste qui était relié à une pensée.
Motifs de mouvements, motifs de rythme qui deviennent presque aliénants et qui tout d’un coup s’arrêtent brusquement pour laisser la place à non seulement un rythme différent, mais à une atmosphère, un temps, un espace plus lent, plus rond, plus respirable. Mais la pensée demeure.
TURQUIE: UN ESSAI SUR LA PHOTO COMME MÉDIUM DE TEMPS
Je présente ici un court essai vidéo que j’ai créé il y a plus d’un an, par plaisir de fabriquer quelque chose. J’avais dans mes archives photos des centaines de photographies de la Turquie, prises lors d’une voyage en 2008 avec Dominic.
Turquie: essai sur la photo comme medium de temps from Marie-Pierre Labrie on Vimeo.
Voyager avec lui avait soutenu la prise quotidienne de photographies lors du périple; être en compagnie d’un photographe qui s’affaire à la chose continuellement m’a donné envie d’imiter! Comme j’aime aussi la chose photographique, je me suis laissée prendre au jeu et j’ai tenté d’utiliser au maximum les possibilités techniques de ma caméra de l’époque, une simple « Nikon Coolpix », de type « point and shoot », mais comportant plusieurs options manuelles. J’ai donc documenté le voyage, tenté de saisir Istanbul, et quelques villes / villages où nous avons traîné. Aussi, une certaine part d’intimité a été immortalisé en images fixes ou vidéos. D’ailleurs, cette petite caméra bas de gamme enregistrait la vidéo, avec son bien sûr. Le son que l’on perçoit dans cette vidéo a été donc capté par cette caméra.
Encore ici, je questionne ma recherche esthétique. Je questionne la raison d’avoir construit une certaine animation vidéo à partir d’images photographiques, entremêlée de quelques interludes vidéo, complétant les images fixes, Ces clips vidéo nous font pénétrer dans l’espace un peu plus, nous permettant de sentir le temps autrement. Ici, la photographie est utilisée comme un medium de temps, assemblée dans la séquence d’un logiciel de montage vidéo. Le grand nombre de photographies, prises dans un intervalle de temps court et placées côte à côte dans la séquence, donne l’impression d’une vidéo saccadée, enfin d’une animation. Parfois, je risque la fixité en suspendant le temps et en laissant une image fixe obstruer l’écran pendant quelques secondes, comme pour marquer un instant, passé.
Cet essai a été réalisé sans réflexion préalable, dans un élan ou un besoin d’essayer. Mais depuis je questionne ce type de petite création et je me mets moi-même au défi de poursuivre avec la même technique et esthétique… à voir.
BANDES DE JEUNES: PORTRAIT DE LATIFA
En juin 2009, j’ai fait le portrait de la jeune Latifa, 16 ans. Elle nous raconte son immigration de l’Algérie jusqu’à Montréal et nous révèle ses aspirations futures et sa vision d’une communauté pluraliste. L’essai vidéo est sur le site de Parole Citoyenne.
SÉQUESTRE: UNE INSTALLATION VIDÉO
Séquestre_ est une installation vidéo créée en 2004 et présentée au Centre des arts contemporains du Québec à Montréal.
Elle évoque la résistance entre corps et esprit, questionne la sectionnement entre ces deux entités. Une projection vidéo est utilisée pour prolonger un espace qui se trouve entre le virtuel et le réel. Une personne est séquestrée dans l’espace produit par la lumière et on s’interroge sa séquestration. Est-elle réelle ou illusoire, prise dans un faisceau de lumière, prise donc dans un absolu, dans l’impalpable?

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